Qu’est-ce que l’OBD2 ?

L’OBD2 est un connecteur, déjà relativement ancien. Du moins, cela fait longtemps qu’il est installé dans les véhicules. Et à moins de posséder un ancêtre, votre voiture en dispose, même si vous ne le voyez pas de manière apparente….

 

Scanner OBD2 qui permet de communiquer avec la voiture

Le connecteur OBD permet à l’humain de communiquer avec la voiture depuis plus de 30 ans. Et ainsi de faire les réparations adéquates. D’ailleurs, c’est grâce à ce système que votre garagiste peut diagnostiquer un problème et vous en faire part quasi instantanément sans devoir démonter toute la voiture.

Bref, l’OBD est née en Californie (comme bien souvent) en 1985. C’est à cette époque que l’électronique a réellement commencé à devenir embarqué dans les véhicules. Et plus uniquement sur les véhicules haut de gamme ou de prestige. La première des applications de l’électronique embarquée fut le calculateur d’injection. Pour rappel le calculateur d’injection permet de calculer précisément le mélange air-essence entrant dans les pistons.

L’OBD fut introduite par la Californian Air Resources Board, ou CARB en abrégé qui est également l’abrégé en anglais de carbone. C’est d’ailleurs pour cela que les connecteurs ont été installés à l’origine. Pour calculer le niveau d’émissions polluantes des véhicules.

Par la suite, les constructeurs ont améliorés le système au fil du temps afin de lui donner de nouvelles applications, mais aussi pour simplifier les procédures de maintenance.

En Europe, ces constructeurs automobiles ont intégré le système OBD dans leurs véhicules à partir de 1990. Cependant, elle n’est réellement devenue obligatoire qu’en 2004, suite à la directive Européenne 98/69/EC, pour tous les véhicules de moins de 2,5 tonnes. En 2007, la réglementation s’est étendue à tous les véhicules, y compris les utilitaires et les véhicules roulant au GPL/GNL.

Mais il existe plusieurs normes Obd

Comme vous l’avez remarqué, nous vous avons parlé du connecteur OBD et non du OBD2. Et pour cause, l’OBD2 n’est qu’une des normes qui s’appliquent aux connecteurs OBD. Dans ce paragraphe, nous reprenons les plus importants.

L’OBD1 est le connecteur standardisé. C’est aussi celui qu’on nomme tout simplement OBD. Il est identique sur tous les véhicules et dispose d’un protocole de communication. Ce dernier est généraliste, mais reste spécifique à chaque constructeur.

L’OBD2 est arrivée en 1994. A ce titre, on le qualifie de deuxième génération, d’où son nom. Cette nouvelle prise dispose de 16 pôles. Cela permet de spécifier des codes de pannes standardisés ou DTC (Diagnostic Trouble Codes, en anglais).

L’EOBD est identique au connecteur OBD2. Mais le protocole embarqué est spécifique à l’Europe et aux véhicules européens. Elle reprend les valeurs de la norme EURO03 puisqu’il est apparu en même temps. A noter que nous sommes déjà à l’Euro6. Pour rappel, les normes Euro légifèrent sur les émissions polluantes des véhicules, aussi bien en rejet de CO2 qu’en matière de recyclage des véhicules. Lorsque le seuil des émissions d’échappement dépassent la norme, un voyant lumineux doit s’allumer sur le tableau de bord et lé véhicule doit enregistrer les données suivant des codes précis pour le troubleshooting. L’EOBD a, en partie, été manipulée dans l’affaire Volkswagen.

Comment fonctionne l’OBD2 ?

Il faut savoir qu’un véhicule moderne embarque en moyenne entre 15 et 20 boîtier électroniques. C’est ce qu’on appelle les calculateurs. On pourrait les comparer à des mini processeurs. Leur nombre varie en fonction des options embarquées, car chaque calculateur gère un programme spécifique.

Tous ces protocoles sont reliés aux différentes parties du véhicule via le faisceau électrique et sont gérés de manière centrale par le cerveau de la voiture, un gros calculateur central. Le dialogue entre la tête et les différents calculateurs se fait par réseau multiplexé (BUS).

La prise OBD n’est en fait qu’une prise secondaire qui permet de brancher une interface externe au processeur central de la voiture, pour en retirer les informations nécessaires et un diagnostic. Le diagnostic est un programme automatisé qui permet d’obtenir les informations complètes du véhicule, son fonctionnement, le fonctionnement des sondes (alerte pression pneu, thermomètre extérieur, par exemple) ainsi que les éventuelles erreurs ou pannes que le véhicule a connues. Par exemple : le freinage (ABS/ESP), des problèmes d’injection ou d’admission, etc.

De plus, ce protocole permet de gagner énormément de temps au niveau de la recherche de la panne et permet de déterminer exactement la pièce à remplacer.

L’OBD, un système utile pour entretenir soi-même son véhicule

De fait, on comprend facilement que cette prise permet d’accéder rapidement et facilement à l’ensemble des informations du véhicule. Et pour ceux qui sont calés en mécanique, cela devient tout à fait possible d’extraire les données et de les utiliser pour réparer son véhicule.

Il existe, pour les personnes privées, de petits appareils qui permettent de lire simplement toutes les données. De plus, ces appareils permettent de faire deux choses :

  • effacer les codes défauts qui ont été listés par le véhicule
  • remettre à zéro le compteur d’entretien courant. Il n’est plus nécessaire d’aller au garage, si le véhicule ne le nécessite pas.

Cela dit, ce n’est pas parce que la prise est standardisée que les données le sont. En effet, chaque constructeur essaie de se protéger de la concurrence. Il ne faut donc pas croire que le monde est tout rose et que l’ensemble des programmes est écrit sous Java ou lisible avec Android. Ce sont des programmes propriétaires, dont le secret est jalousement gardés. D’un constructeur à l’autre, donc, vous aurez une lecture différente et un mini boîtier différent.

Où trouver la prise OBD dans un véhicule ?

La prise OBD se trouvera toujours dans l’habitacle du véhicule. C’est une norme imposée par la réglementation européenne. Cela permet notamment d’avoir accès aux commandes de la voiture tout en diagnostiquant. Pour les garagistes, cela est bien plus facile.

En général, le connecteur OBD est placé à proximité du volant, à gauche du tableau de bord et sous le volant. SI vous vous penchez dans votre véhicule, vous verrez d’ailleurs que sous un cache, de nombreux fils courent. C’est là que se trouve le compartiment à fusibles. Une autre possibilité est de la trouver à proximité du frein à main.

SI vous ne le trouvez pas au premier coup d’œil, ne perdez pas espoir… Vous pouvez trouver l’emplacement précis du connecteur dans le modèle de votre voiture :

  • en cherchant sur internet. De nombreux sites listent les emplacements des connecteurs en fonction des marques et des modèles.
  • en vous référant au manuel d’utilisation. Vous trouverez l’information au niveau des pages « emplacement des connecteurs OBD.

 

Branchement OBD2 qu’on trouve sous le tableau de bord

Comment détecter un problème avec le système OBD2 ?

Comme nous l’avons expliqué dans un paragraphe précédent, le premier intérêt du système OBD n’est pas de permettre un diagnostic facile du véhicule, mais bien de connaître son niveau d’émissions polluantes. Aussi, si un problèmes apparaît à ce niveau-là, le véhicule doit le signaler. Cela est prévue dans la réglementation européenne, suite à l’introduction de l’Euro3 qui fut obligation d’avoir un connecteur OBD. De fait, ce qui apparaît de plus important dans le connecteur OBD, c’est sa puce qui analyse les émissions en CO2 et NOX (pour les diesels) et qui permet de savoir exactement ce qu’un véhicule rejette.

Cela est utile pour le respect des normes Euro. Mais aussi pour toute la fiscalité qui tourne autour des véhicules, comme les taxes de roulage ou les primes eco-malus. Car, ces primes sont directement calculées sur les émissions d’un véhicule et offrent à l’acheteur un rabais supplémentaires sur les véhicules peu polluants.

Si de nombreuses marques ont recours à des trucs et astuces pour diminuer au maximum leurs émissions, certaines n’hésitent pas à tricher. Le calcul des émissions se font sur un banc d’essai, et non sur route, comme on pourrait le croire de prime abord. C’est ainsi que Volkswagen a mis au point un système de détection de banc d’essai qui permet à ses véhicules de déterminer s’ils sont sur route ou sur banc d’essai. Et dans le dernier cas, le véhicule enclenche un programme qui masquent les données réelles afin que le connecteur OBD ne puisse plus donner les véritables chiffres relevés.

Le voyant lumineux MIL

Pour alerter le conducteur d’un problème, le système dispose d’un voyant sur le tableau de bord : le voyant MIL pour « Malfunction Indicator Lamp ».

Il s’agit d’un pictogramme qui représente un bloc moteur.

Il apparaît en orange ou jaune selon les modèles et est présent sur tous les véhicules répondant à la norme Euro 3 ou supérieur. La forme et la couleur du pictogramme sont spécifié selon la norme ISO 2575.

En fonction du défaut ou de la panne, le témoin lumineux sera tour  à tour :

Éteint. Aucun défaut n’est actif. Il est possible qu’il ne soit pas détecté, car certains d’entre eux n’ont pas, ou très peu, d’influence sur le fonctionnement du véhicule. Par exemple, un dysfonctionnement des bougies de préchauffage ne sera pas détecté et ne fera pas apparaître de témoin.

Fugitif. Le témoin s’allume et s’éteint directement. Un problème a été détecté, mais le système n’a pas confirmé sa présence et éteint le témoin.

Allumé. Le cerveau de la voiture a détecté un problème affectant les émissions polluantes. Contrairement au témoin fugitif, ici, le dysfonctionnement est avéré. Il est néanmoins possible de rouler normalement.

Le voyant lumineux signalant un problème moteur

Clignotant. Un dysfonctionnement a été détecté par le calculateur central. Ce problème peut entraîner la destruction du moteur ou l’endommagement de certaines pièces. Il est recommandé d’arrêter le véhicule dès que possible. La plupart des constructeurs couple l’apparition de ce témoin avec un système de bridage. Le véhicule est alors limité en puissance et en régime afin de préserver au maximum les pièces moteur.